Les socialistes ont tenté jeudi d'imposer la force de la candidature à l'Elysée de Ségolène Royal au cours d'un meeting de masse jeudi à Toulouse, dans une ambiance de grand soir où la candidate a tenté de rallier les hésitants à son panache blanc.C'est un duo, celui de la "gauche du 21e siècle" selon le mot de Mme Royal, qui s'est produit au parc des Expositions devant 22.000 militants, selon les organisateurs. L'affluence, impossible à comptabiliser, était en tout cas massive et débordante d'enthousiasme.
Dans la cité terre d'accueil des républicains espagnols, comme l'a rappelé la candidate, était venu lui prêter main forte un symbole de la nouvelle génération: le chef du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Zapatero, que Mme Royal s'est attachée à présenter comme l'exacte antithèse du candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy.
L'ancrage historique des socialistes a aussi été célébré: vedette inattendue, Danielle Mitterrand, qui s'était déclarée en novembre "frustrée" par le programme de Mme Royal (c'était avant son pacte présidentiel), a reçu une longue ovation.
Plusieurs grandes figures du parti et de la gauche étaient au rendez-vous, mais cantonnées sur le côté de la scène: outre le premier secrétaire François Hollande, Laurent Fabius, Jean-Pierre Chevènement, Christiane Taubira entre autres, avaient fait le déplacement. Tout comme la "jeune garde" (Arnaud Montebourg, Vincent Peillon...).
C'est bien l'image d'une nouvelle vague qui l'a emporté: vêtue de son éternelle veste blanche, Ségolène Royal, son discours achevé, a été rejointe sur scène par le quadragénaire Zapatero, et une nuée de jeunes, un immense drapeau tricolore en fond de scène.
"Ségolène incarne l'impétuosité personnelle, la fraîcheur de caractère et l'optimisme. Elle représente une autre façon d'être, de gouverner, elle incarne les promesses de réussite de la social-démocratie", a affirmé le dirigeant espagnol, tout sourire au côté de la candidate.
S'est ainsi dissipée l'ombre de ses toutes récentes déclarations, lorsque M. Zapatero avait exprimé "une grande empathie" pour Ségolène Royal, tout en disant éprouver du "respect" et de "l'admiration" pour Nicolas Sarkozy.
Louant le chef d'un gouvernement "inventif et profondément réformateur", Mme Royal n'a cessé de l'opposer à M. Sarkozy. Le premier a "retiré les troupes espagnoles du bourbier irakien", posé "les actes fondateurs de la lutte contre le machisme", quand le second est allé se "mettre à genoux devant George Bush" à Washington et n'a d'autre ambition que "de prendre le pouvoir".
"Son projet, c'est lui, mon projet, c'est vous!", s'est exclamée la candidate sous les vivats.
Ségolène Royal a ensuite lancé ce qu'elle a appelé "l'appel de Toulouse", destiné à "ceux qui réfléchissent encore" : "Voulez-vous que les valeurs humaines l'emportent toujours sur les valeurs boursières et financières ? Pensez-vous qu'il est possible de réformer la France sans la brutaliser (...), de remplacer la loi du plus fort par la loi du plus juste ?", leur a-t-elle dit.
Elle a demandé aux Français de voter "massivement". Citant François Mitterrand --"la victoire, vous ne la rencontrerez que si vous la portez"--, Ségolène Royal a conclu sur ces mots: "Forçons cette chance de nos mains!".
Elle a dit vouloir une France "pays apaisé, ayant confiance en elle, où tous les Français se reconnaissent et s'aiment en elle".